La Citadelle de Saint-Tropez est l'exemple type de l'ouvrage dont l'armée ne sut que faire, et, ajoutée à la faiblesse de la garnison, cette politique amena les Tropéziens à préférer se défendre seuls. Trop dispendieuse pour les Rois, l'Empire ou la République, elle déplaisait aux anciens. Il faut rappeler qu'aux XVIIème et XVIIIème siècles, la composition de la population de Saint-Tropez est un cas particulier: la vaste majorité de la population est constituée de marins. Souvent en mer, au commerce ou dans la Marine Royale, ces hommes avaient l'habitude de se battre. La plupart possédait des armes chez eux, comme en témoignent les inventaires: un mousquet, une espingole, une épée... Pour peu que le roi leur laissât ses canons, ils étaient prêts à se battre seuls. En 1637, ils battirent les galères espagnoles. En 1596 et 1652, ils reprirent le fort aux dissidents. En 1652 toujours, ils repoussèrent à deux cents, les galères venues de Toulon. Peu importe s'ils furent aidés par quelques troupes extérieures, les vents ou leur Saint Patron : ce fut leur gloire et l'histoire leur appartient.
Dès sa construction la citadelle fut l'objet de sentiments contradictoires chez les civils. Elle protégeait, mais à l'occasion elle surveillait et parfois elle se révoltait. Ilot du pouvoir royal, elle fut toujours considérée comme étrangère à la Cité. Aujourd'hui elle récolte les fruits de la célébrité de Saint-Tropez.
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